Programme d’enseignement de la philosophie

en classes terminales des séries générales

 

Note de présentation de la version finale

 

 

La consultation des professeurs de philosophie sur le nouveau projet présenté par le Groupe d’experts manifeste une approbation très forte des choix retenus pour rendre effectif le compromis dont la lettre de mission fixait les termes. C’est ainsi cette volonté de compromis qui se trouve pleinement partagée par la majorité des professeurs, désireux de sortir d’une situation dont ils sont conscients qu’elle n’a que trop duré.

Dans ces conditions, le Groupe d’experts n’avait pas à remanier le dispositif mis au point pour inscrire dans un programme de notions des éléments originaux de détermination. Le texte de présentation est donc resté inchangé. De même, le paragraphe III, concernant l’apprentissage de la réflexion philosophique, n’avait pas à être amendé, sauf sur un point de détail : la formule “ suite d’analyses ”, utilisée dans le second alinéa, ayant suscité des interrogations et pouvant en effet être mal interprétée, a été remplacée par “ une analyse suivie et cohérente ”.

L’effort du GEPS pour traduire dans la version finale du projet les attentes légitimes qui se sont exprimées dans la consultation a donc porté exclusivement sur l’identification et la répartition des notions figurant dans les deux colonnes.

Dans la première, où l’on s’accorde désormais à reconnaître l’indication de champs offerts à la problématisation, “ La culture ” a remplacé “ La nature et la culture ”, pour tenir compte de l’avis selon lequel l’intitulé primitif restreignait l’approche de certaines des notions correspondantes de la deuxième colonne, notamment “ La religion ”. — “ La connaissance et la raison ” a cédé la place à “ La raison et le réel ”, qui traduit mieux le contenu spécifié par les notions figurant en vis-à-vis, lesquelles désignent à la fois des procédures de connaissance rationnelle et des domaines de réalité. — A “ La société ” a été substituée “ La politique ”, de manière à introduire cette notion dans le programme et à permettre, le cas échéant, un traitement conjoint avec le champ suivant, “ La morale ”.

Les changements induits par cette substitution dans la liste des notions figurant dans la deuxième colonne ont consisté principalement : à déplacer “ L’histoire ” dans “ La culture ”, de même que “ Le travail ”, désormais couplé avec “ La technique ”. “ La société ” a été introduite dans la liste développant le champ de “ La politique ”. Enfin “ La responsabilité ”, dont beaucoup de professeurs ont noté le caractère redondant, a été écartée ; là où elle figurait seule, elle a été remplacée par “ Le devoir ”.

Le GEPS a volontiers admis qu’il lui fallait procéder à un allègement significatif du programme des séries ES et surtout S. C’est ce qu’il a fait, tout en réitérant l’observation capitale que le poids relatif d ‘un programme de notions philosophiques ne se mesure pas de l’extérieur, par le seul décompte des éléments figurant dans une liste inerte, mais qu’il tient aussi à la manière dont les notions sont effectivement traitées dans l’enseignement et au niveau de développement auquel elles peuvent s’y prêter.

Comme dans la consultation de l’an passé, quelques professeurs ont manifesté des réserves devant l’introduction de notions nouvelles, principalement : “ La matière et l’esprit ”, “ L’interprétation ”, éventuellement “ La perception ”, voire “ La démonstration ”. Le Groupe d’experts n’a pas voulu remettre en cause ce qui constitue l’une des originalités de son projet, au risque du reste de susciter une proportion au moins égale de désaccords. Nouveau par sa conception et son architecture, ce programme doit aussi l’être par l’introduction de notions dont le traitement appellera un renouvellement des contenus enseignés.

Une spécification a été introduite dans les programmes des séries ES et S : dans le champ “ La politique ”, le couple “ La société et les échanges ” est propre à la série ES ; en S, le couplage introduit entre “ La société et l’Etat ” doit également y être conçu comme une délimitation qui allège le programme.

S’agissant des repères, le GEPS a estimé indispensable à la bonne compréhension de leur usage d’en maintenir des listes identiques dans les trois séries. La demande, formulée ici et là, d’une diminution de cette liste en ES et en S, ne serait en effet recevable que si ces repères étaient conçus comme autant d’objets ou de thèmes venant s’ajouter à ceux que désignent les notions. Leur caractère opératoire et transversal, clairement expliqué dans le texte de présentation, doit dissuader de toute interprétation de ce genre. En faisant droit à des suggestions convergentes, on a substitué “ En acte / en puissance ” à “ Actuel / virtuel ”, — “ En droit / en fait ” à “ Fait / norme ”, — “ Identité / égalité / différence ” à “ Identité / différence ” ; on a enfin ajouté “ En théorie / en pratique ”.

Une dernière innovation concerne la présentation de la liste des auteurs. Héritant du programme de 2001 une liste déjà considérablement élargie d’auteurs, le GEPS avait, dans un premier temps, tenté d’en cerner l’emploi dans le choix des œuvres faisant l’objet d’une étude continue durant l’année scolaire en spécifiant un sous-ensemble d’auteurs “ majeurs ” désignés par des astérisques. A la réflexion, ce procédé est apparu comme un artifice, qui soulève plus de difficultés qu’il n’en résout. En effet, il n’y a à cet égard que deux attitudes cohérentes : ou bien on impose que le choix des œuvres ainsi étudiées soit limité de façon drastique à une dizaine d’auteurs (voire en spécifiant pour chacun les quelques textes jugés les plus accessibles ou les plus utiles), — ou bien on conserve une liste large et on se repose sur la responsabilité pédagogique de chaque professeur. Si le GEPS a pu avoir une préférence intellectuelle pour la première solution, il était bien conscient qu’en l’état actuel des choses son adoption serait de nature à susciter des polémiques sans fin. Il s’en est donc tenu à simplifier l’usage de la liste par l’abandon des astérisques.